Trilogie des Maries

Posté le 7 novembre 2008 par jmlpoesie dans Poésies d'ombre et de lumières

(En 20 lignes chacunes et sans verbe pour Marie car c’était Jésus le porteur du verbe…)

Marie A 

Coupée tu monde tu vécus 

Dans les rires de soie 

Les colonnes de pierres 

Tu rêvais de jardins enchantés 

De fermes manucurées déjà pasteurisées 

Tes pas à peine touchaient le sol 

Des volutes d’amies et d’amis aussi 

Cramaient autours de l’astre 

L’homme sur les pièces 

Aussi pesant que l’or lourd 

Déployait son amour doux 

Le pire et le meilleur de l’ennui 

Dehors dans le monde ou l’on sue 

La faim grignotait la revanche 

Te voici à l’envers sur la charrette mouillée 

Portant le courage en ultime parure 

La plus belle de toute

Celle qui t’amène tranchée 

Sacrifiée exemplaire enfin 

Dans le ciel des mythes éternels 

Marie C 

Non tu n’étais pas à Hiroshima 

Si j’y étais même bien avant

Je n’ai pas senti la brûlure 

Pas tout de suite dans le tourbillon

L’exaltation de la recherche 

La chimie de l’amour autour 

La lueur dans les yeux de Pierre 

L’oscillation de la matière 

La lente progression radiante 

Je ne l’ai pas sentie je n’ai rien vu 

Tu étais à Hiroshima ! 

Je ne sais pas

J’étais morte déjà 

J’ai eu honte sans doute 

Je me suis perdue dans la ville 

Plané au dessus des ruines  calcinées 

J’ai pris  les enfants brulants 

Je les ai bercés dans mes bras de cendres 

Puis j’ai pleuré  la démence de ma science 

Pour me perdre à jamais dans l’atome 

Marie 

L’odeur des copeaux la sciure 

La nuit à peine le vol d’une plume 

Une sensation un frémissement 

Un frisson un tremblement 

Au réveil une fenêtre ouverte 

Un souffle un battement 

L’évidence au ventre du sourire 

La rumeur les chuchotements 

Une étoile dans le tissu noir 

Deux cris mêlés une offrande 

La douleur l’enchantement 

Une goutte le désert inondé 

Le premier mot toujours maman 

Les yeux levés le firmament 

Un bâton un foulard une foule 

Le verbe le vent la certitude 

La lumière droite dans les yeux 

La masse mélangée le danger 

La main tenue tendue arrachée 

La peur la paix la chaleur 

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